Histoire
La commune de Beaurepaire possède une histoire riche qui a façonné son identité au fil des siècles.
A la découverte de notre campagne et ses hameaux (partie 1)
A la découverte de notre campagne et ses hameaux (partie 2)
Fouilles archéologiques d'un enclos fortifier médiéval du 12ème siècle
LE PASSÉ DE BEAUREPAIRE
À l’époque de la formation de la Terre, la mer recouvrait une grande partie du territoire. Elle a laissé des traces visibles, notamment vers Paillers, où l’on trouve encore dans les champs de nombreux galets roulés, aux angles arrondis par le flux et le reflux.
Les secteurs les plus anciens de la commune sont le Chiron et les Ardillers, issus des premières émergences terrestres. Paillers et Vieille furent également des lieux d’habitat primitif : on y a découvert des haches de silex vieilles de plusieurs millénaires. Dès l’époque gauloise, Paillers devint une bourgade importante au bord de la Maine, les rivières servant alors de voies de communication.
À l’époque romaine, plusieurs routes traversaient notre commune. L’une reliait Saint-Gilles à Rom (Deux-Sèvres). Elle passait par le Pont de Bazoges, longeait la Gémaubretière, puis gagnait le Plessis avant de se diriger vers les Herbiers.
Une autre voie s’embranchait près de l’Échasserie, passait à Bellefontaine, montait vers les Ardillers, traversait la Crûme sur un pont romain près de Remberge, puis continuait vers Mortagne et Cholet.
Une troisième route, allant de Brest à Aigues-Mortes, passait au nord de la commune, sous le Chiron, l’Auraire et l’établissement gallo-romain de la Salle, près de la Godardière.
Au début du christianisme, la bourgade gauloise de Paillers devint le siège d’un important doyenné rural regroupant plus de vingt paroisses. Paillers fut longtemps le grand centre religieux du Haut-Bocage.
Mais les Normands, remontant les rivières depuis la côte, détruisirent Paillers. Les moines transférèrent alors leur établissement au pied du château de Montaigu, qui devint le nouveau chef-lieu religieux. Pendant plusieurs siècles, Paillers resta une annexe de ce doyenné.
À cette époque, Beaurepaire n’existait pas encore. Au nord, près des étangs de la Jaillardye et de Badvieille, les vicomtes de Thouars firent construire une maison de chasse appelée « Pulchrum Repairum » (Belle Retraite), nom qui évoluera plus tard en Beaurepaire.
Comme souvent autour d’un château, artisans et travailleurs s’installèrent progressivement. Les seigneurs de Thouars firent bâtir des maisons qu’ils concédaient moyennant une rente annuelle.
Catherine de Thouars apporta Beaurepaire en dot à son époux Gilles de Laval, dit Gilles de Rais, compagnon de Jeanne d’Arc durant la guerre de Cent Ans. Présent au sacre de Charles VII, il sombra ensuite dans la ruine et la démesure. Accusé de crimes atroces, il fut arrêté à l’instigation de l’évêque de Nantes et brûlé vif en octobre 1440. Au fil du temps, il devint le personnage légendaire de Barbe Bleue.
Leur descendante, Louise de Vendôme, épousa en 1529 François de Ferrières, et leur fils Jean, prince de Chabanais, vendit Beaurepaire à François Girard, seigneur des Échardières près de Pouzauges, vers 1577. Le Grand Logis resta dans cette famille jusqu’à la Révolution.
Catherine de Thouars se remaria en 1441 avec Jean de Vendôme et fit construire l’église de Beaurepaire entre 1441 et 1462, en réparation des crimes de son premier mari. D’abord chapelle seigneuriale, elle devint église paroissiale vers 1492. Les armoiries de Catherine de Thouars et de Jean de Vendôme sont encore visibles dans le transept.
Puis vers le milieu du 16′ siècle, une religion nouvelle fut prêchée dans la région. Les héritiers de Gilles de Rais ayant vendu Beaurepaire à la puissante famille protestante des Girard des Echardières en la Flocellière, la Religion Réformée y fut prêchée et trouva de nombreux adeptes. Une guerre sanglante et longue ravagea notre région. De nombreux prêtres furent massacrés. Les couvents, les églises furent incendiés. Ce fut le cas de celle de Paillers, brûlée par le seigneur du Puy-Greffier, célèbre chef protestant.
Celle de Beaurepaire ne fut pas incendiée. Appartenant aux Girard, seigneurs protestants, elle dut servir de Temple à la Religion nouvelle.
L’un d’eux, Eusèbe Girard de Beaurepaire, trouvant le Grand Logis incommode, fit construire dans le champ de la Motte, au bout de l’actuelle rue Gilles de Retz, un château de style Renaissance, qui fut agrandi au XVIIe siècle.
L’histoire raconte que dans la nuit du 27 juillet 1728, René Thibault de la Pintrollière, y fut victime d’une véritable scène de cannibalisme. Réuni avec plusieurs autres seigneurs au château de Beaurepaire, un pari insensé fut engagé : celui qui le perdrait devait être mis à la broche et rôti. Ce fut le seigneur de la Pintrollière. Le lendemain matin, son corps affreusement brûlé fut retrouvé à l’embranchement des routes des Herbiers et de la Barotière, derrière l’actuelle mairie, au pied d’une croix dont la partie haute se trouve aujourd’hui sur la chapelle Notre-Dame-des-Sacrés-Cœurs, sur la route de Mesnard. Condamnés à mort par contumace, ses complices et assassins furent, quelques années plus tard, graciés par Louis XV.
Un autre établissement religieux passa au protestantisme : le prieuré des Ardilliers-Simbrandière, dépendant de l’abbaye de Breuil-Herbault, près de Challans. Les moines y cultivaient les terres des métairies, possédaient plusieurs moulins à vent aux Ardilliers, un moulin à eau à Bertre.
Devenus protestants, ces moines s’emparèrent des biens du prieuré et se les partagèrent. L’un d’eux, Jehan Guignardeau, noble de naissance, prit le titre de seigneur des Ardilliers.
De nombreux petits châteaux parsemaient le territoire de Beaurepaire, en raison de la proximité des frontières de la Bretagne. À cette époque, seuls les nobles partaient à la guerre, et les rois de France leur attribuaient des terres proches des frontières qu’ils devaient défendre, la Bretagne, soutenue par les Anglais, étant fréquemment en conflit avec le royaume de France.
Il y avait aussi le château de la Richerie, ou une demoiselle de Guiraud de la Richerie ayant épousé un marin célèbre, Rolland Barrin, marquis de la Galissonnière, Amiral de France, lui apporta le château de la Richerie. La Galissonnière prit part le 29 mai 1692 à la célèbre bataille navale de la Hougue où monté sur le vaisseau « le Saint Esprit » il commandait une escadre.
Son fils, Roland-Michel Barrin de la Galissonnière, seigneur de la Richerie, fut lui aussi Amiral de France, et nommé Gouverneur du Canada, où sa mémoire est encore de nos jours en grande vénération. Il remporta de nombreuses victoires sur la flotte anglaise et mourut le 26 octobre 1756. Ce fut lui qui introduisit en France cet arbre magnifique qu’on appelle « le magnolia ». Un bateau de guerre de la Marine Française porta le nom de l’ancien seigneur de la Richerie, le “La Galissonnière”.
Mais tous ces châtelains étaient peu fortunés, c’étaient de petits propriétaires terriens, et il est faux de prétendre qu’ils possédaient toutes les terres. A la veille de la Révolution, plus de la moitié de Beaurepaire appartenait aux cultivateurs qui les exploitaient.
Voilà, en résumé, ce que fut Beaurepaire dans le passé, ce passé qui commande l’avenir.